Contes : Bahlool et le palais imparfait
Il était une fois un fou nommé Bahlool qui marchait sur une route poussiéreuse devant un magnifique palais lorsque le propriétaire de la demeure apparut. Voyant Bahlool dans ses haillons contempler la somptueuse demeure, l’homme dit fièrement : « Que pensez-vous de mon palais ? Je suppose que vous n’avez jamais rien vu d’aussi grandiose de toute votre vie. »
« Il serait incomparable, répondit Bahlool, s’il n’y avait pas un défaut irréparable. »
« Un défaut ?! s’étonna l’homme. Quel défaut ? Ce palais a été construit par le meilleur architecte de Bagdad, uniquement avec de l’or et du marbre. Chaque pièce est recouverte de tapis en laine et en soie. Les meubles sont sculptés dans des bois parfumés. Quel défaut prétendez-vous y voir ? »
« Le défaut réside dans son origine, répondit Bahlool. S’il a été construit avec de l’argent honnête, alors c’est une extravagance, et le Coran déclare qu’Allah déteste l’extravagance. »
Surpris et à court de mots, l’homme fixa Bahlool du regard. « Si, en revanche, poursuivit Bahlool, il a été construit avec de l’argent mal acquis, alors ce palais est une démonstration de votre traîtrise et ne peut donc en aucun cas être considéré comme beau. Il serait plutôt le signe du châtiment qui vous attend lorsque vous serez jugé par Allah. »
Puis Bahlool s’éloigna, laissant le riche homme silencieux.
Traduit par Taviz Emily Lopez Puyol
Discover more from The Inner Call
Subscribe to get the latest posts sent to your email.
